© Alexis Gonzalez
Arrivé en septembre 2025 à l’Observatoire Aquitain des Sciences de l’Univers (OASU), Alexis Gonzalez a choisi de mettre ses compétences de développeur au service de la recherche scientifique et de l’environnement. Il travaille sur le projet REDPLAST-UP, une initiative visant à proposer des alternatives concrètes à l’usage du plastique dans les laboratoires et ainsi réduire leur empreinte environnementale.
Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre parcours ?
Je m’appelle Alexis Gonzalez et je suis arrivé le 1er septembre 2025 à l’OASU pour travailler sur le projet REDPLAST-UP en tant qu’ingénieur en développement web full-stack. C’est-à-dire que je suis capable de travailler sur toutes les étapes de la production d’une application web, aussi bien sur le développement du code nécessaire au fonctionnement que sur l’interface utilisateur.
Je ne suis pas du tout issu du milieu du développement. Avant cette expérience, j’ai travaillé pendant 6 ans dans la relation client au sein d’une banque. J’y ai eu l’opportunité de travailler sur un projet avec une équipe de développeurs où j’ai découvert ce métier. Cela m’a donné envie de commencer à coder de mon côté et ce fut une évidence pour moi. J’ai ainsi décidé de me reconvertir dans ce milieu et j’ai obtenu une licence puis un master en développement web.
Pouvez-vous nous en dire plus sur REDPLAST-UP ?
Ce projet vise à réduire la consommation de plastique dans les laboratoires. Il bénéficie d’une aide de l’État gérée par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) au titre du programme d’investissements d’avenir. REDPLAST-UP est porté par l’université de Bordeaux, l’OASU et l’INRAE, en collaboration étroite avec le Groupement de Recherche (GDR) Labos 1point5.
Il y a un réel enjeu dans ce projet car toute activité de recherche scientifique a un impact sur l’environnement. En effet, on estime qu’un scientifique en sciences de la vie « consomme » jusqu’à 1000 kg de plastique par an, soit 20 fois la moyenne européenne, ce qui n’est pas anodin. C’est donc pourquoi des initiatives se développent aujourd’hui pour limiter cet impact.
Dans le cas de REDPLAST-UP, nous voulons développer une application permettant de calculer l’empreinte environnementale d’un protocole expérimental. Il s’agirait d’un outil d’écodesign que nous proposerions aux chercheurs et qui leur permettrait d’évaluer le gain environnemental lié aux changements de pratiques mis en place (réutilisation du plastique ou remplacement par du verre, miniaturisation des plans d’expérience…).
Nous travaillons pour cela avec une quinzaine de laboratoires partenaires, tous volontaires et appartenant au périmètre des campus Bordelais et Rochelais. L’application que nous souhaitons développer avec l’aide de ces laboratoires pilotes sera proposée à l’échelle nationale. Elle sera ainsi accessible via la plateforme Labos1point5.
Quelles sont vos missions dans ce projet REDPLAST-UP ?
Mon rôle est de développer l’application que nous souhaitons proposer au personnel travaillant en laboratoire de recherche. Or pour cela, nous avons besoin de récolter des données.
La première étape est donc d’aller rencontrer les collègues des laboratoires partenaires du dispositif. Le but est d’aller voir comment ils travaillent, échanger avec eux sur leurs besoins et les accompagner pour renseigner un fichier Excel retraçant toutes les étapes de leurs protocoles expérimentaux. C’est ce fichier qui nous servira de base de données permettant dans un second temps de créer l’application REDPLAST-UP. Il est donc important que les informations que nous récoltons soient correctement renseignées et fiables afin que notre outil de calcul de l’empreinte environnementale le soit aussi.
De plus, il y a également tout un travail de réflexion pour rendre l’application utile et ergonomique. C’est pourquoi ce temps d’échange en amont avec les collègues est très important pour être certain de répondre à leurs besoins.
L’objectif est que l’application soit opérationnelle dans un an. Mais je suis assez confiant à ce sujet, toutes les personnes impliquées étant très motivées. En effet, le projet est très bien accueilli par le personnel des laboratoires partenaires. La plupart ont conscience de la nécessité de faire évoluer les protocoles mais sans savoir réellement comment procéder. REDPLAST-UP est donc une très bonne porte d’entrée pour adopter des pratiques plus en accord avec leurs valeurs. C’est ce qui rend ce travail d’autant plus intéressant et enthousiasmant.
Enfin, il est important de mentionner qu’il s’agit d’un travail collaboratif. Tout d’abord avec Juliette Rosebery, directrice de recherche à EABX qui porte et coordonne REDPLAST-UP et Gaétan Martin, ingénieur de recherche en analyse de cycle de vie accueilli à EABX avec qui je fais les visites de laboratoire. Nos fonctions sont très complémentaires : son rôle va être de récolter de la donnée et de l’analyser, là où moi, je vais la transformer en application web. J’ai également la chance de pouvoir compter sur le soutien de l’équipe de développeurs du CEDONA et de Labos1point5 qui répondent toujours présents pour m’aider si j’ai la moindre question technique.
Quelles sont vos premières impressions ?
Je suis très content d’être ici. L’environnement est agréable avec des collègues sympathiques, et nous travaillons tous sur de très beaux projets qui ont du sens. En tant que développeurs, nous utilisons des données produites par les équipes de recherche que nous valorisons en créant des outils utiles à tous. Cet aspect est assez incroyable.
Je ne connaissais pas du tout le milieu scientifique. C’est très intéressant pour moi de découvrir comment se fait la recherche et comment travaille le personnel de laboratoire. Pour la suite de ma carrière, j’aimerais continuer dans ce type de structure si possible car j’ai découvert un domaine qui me plaît. Le but de ma reconversion était de travailler sur des projets qui ont du sens et en accord avec mes valeurs, et c’est ce que j’ai trouvé avec REDPLAST-UP. Je sais pourquoi je me lève le matin.