Entretien avec Gaétan Martin, ingénieur de recherche accueilli à EABX

Juil 4, 2025 | Actualités

Peut-on mener des projets de recherche de manière plus écologique ? C’est l’objectif du projet REDPLAST-UP, qui vise à réduire l’empreinte plastique dans les laboratoires de recherche. Gaétan Martin, ingénieur de recherche accueilli à EABX, nous présente ce projet sur lequel il travaille.

 

Pouvez-vous vous présenter ainsi que vos missions ?

Je viens d’arriver le 2 mai 2025 sur le poste d’ingénieur de recherche en analyse de cycle de vie au sein du laboratoire EABX (Écosystèmes aquatiques et changements globaux). Rattachée à la tutelle d’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), il s’agit d’une des unités constitutives de l’OASU (Observatoire Aquitain des Sciences de l’Univers), structure qui porte avec l’Université de Bordeaux le projet REDPLAST-UP pour lequel je travaille. Ce projet bénéficie d’une aide de l’État gérée par l’Agence Nationale de la Recherche au titre du programme d’investissements d’avenir. Il vise à proposer des alternatives au plastique pour les scientifiques effectuant des protocoles expérimentaux. Le but est à terme de réduire l’utilisation de plastique et l’impact environnemental dans le secteur de la recherche. Étant arrivé récemment, ma première mission est de délimiter les contours de ce projet en définissant les études à mener et les paramètres à prendre en compte.

 

Quel est votre parcours ?

Après mon BAC, j’ai effectué un DUT en Mesures Physiques à Annecy, suivi d’un Erasmus en Finlande où j’ai étudié l’environnement. Ayant de bonnes aptitudes dans le domaine, j’ai continué mes études avec une formation en Matériaux à l’école d’ingénieurs Polytech Montpellier. Dans ce cursus, une partie des cours était consacrée à la thématique du développement durable. Par exemple, en deuxième année, j’ai suivi un module sur l’écoconception, sujet sur lequel je travaille actuellement. Enfin, en dernière année, je me suis spécialisé en analyse du cycle de vie. Il s’agit d’une méthode globale de référence qui évalue les impacts environnementaux des produits et services durant la totalité de leur cycle de vie. Après l’obtention de mon diplôme, j’ai travaillé pendant un an dans une entreprise de chimie puis voyagé l’année suivante en Asie du Sud-Est avant d’intégrer INRAE via ce poste à EABX.

 

Quelles sont les actions prioritaires à mener dans le cadre du projet REDPLAST-UP ?

Comme dit précédemment, nous commençons tout juste ce projet. La priorité est donc de définir le périmètre REDPLAST-UP et les données à quantifier pour construire l’outil. Ce dernier prendra la forme d’un logiciel qui permettra aux chercheurs d’envisager des alternatives au plastique dans leurs protocoles expérimentaux. C’est la tâche sur laquelle nous nous concentrons actuellement.

Pour cela, je travaille en autonomie mais je peux compter sur le soutien et les conseils de Philippe Loubet, chercheur à l’ISM (Institut des Sciences Moléculaires), qui est expert dans le domaine de l’analyse du cycle de vie. Il m’aidera par exemple à finaliser les choix méthodologiques pour le logiciel que nous souhaitons développer, afin qu’il soit le plus novateur possible. Par ailleurs, je travaille également avec des laboratoires participant au projet REDPLAST-UP qui nous envoient leurs protocoles expérimentaux.

 

La politique de transition énergétique est-elle assez médiatisée selon vous ?

Selon moi, la transition énergétique n’existe pas vraiment. Nous n’avons jamais brûlé autant de bois, de charbon dans l’histoire de l’humanité. L’énergie verte est simplement additionnée à tout le reste. C’est pourquoi je trouve que notre projet est intéressant puisque le secteur de la recherche est responsable de 1 à 2 % de l’utilisation de plastique dans le monde. Si nous atteignons les objectifs de REDPLAST-UP, cela permettrait de réduire l’utilisation de plastique et l’impact de la recherche sur l’environnement, ce qui serait vraiment une très bonne chose.