Un des impacts des canicules de l’été 2025 mis en évidence par le SO MAGEST

Sep 8, 2025 | Actualités

Le SO MAGEST, qui surveille la qualité des eaux des estuaires de la Gironde, de la Seudre et de la Charente, a mesuré cet été la température de l’eau de surface dans la Garonne aval. Les effets des deux vagues de chaleur enregistrées en juin et en août y sont particulièrement visibles.  

MAGEST est un service d’observation régional dont l’objectif est de surveiller la qualité physico-chimique des eaux des estuaires nord-aquitains, Gironde, Seudre et Charente, des milieux vulnérables et soumis à des pressions climatiques et anthropiques croissantes. Créé en 2004, il est implanté sur 12 sites équipés de sondes multi-paramètres qui mesurent toutes les 10 minutes, la température, la salinité, la turbidité, l’oxygénation et à certaines stations le pH des eaux de surface estuariennes.

 

Ainsi du 1er janvier au 4 septembre 2025, la température de l’eau de surface a été mesurée (moyenne journalière) dans la Garonne aval sur le site bordelais. La figure ci-dessous montre la comparaison de cette température sur cette période avec la gamme de températures mesurées à ce même site par le réseau MAGEST pour la période 2005-2024. L’écart par rapport à la normale quotidienne 2005-2024 est indiqué en rouge quand il est positif et en bleu quand il est négatif.

La 1ère vague de chaleur qui a sévi en France métropolitaine du 19 juin au 4 juillet y est particulièrement visible, avec un impact très marqué sur la température de l’eau. A Bordeaux, un maximum de 28,7°C a été mesuré le 1er juillet, correspondant à une anomalie de +4.6°C par rapport à la normale 2005-20024. Une 2ème vague de chaleur plus tardive a  eu lieu avec un record de canicule à Bordeaux à 41,6 °C enregistré le 11 août 2025. Cependant, en raison d’une durée du jour plus courte, son impact sur la température de l’eau a été moindre que lors de la 1ère vague de chaleur fin juin.

Ces épisodes caniculaires ont pas des conséquences. Ainsi, la température élevée de l’eau, combinée à une forte charge en matières en suspension et à l’étiage, a entraîné une baisse de l’oxygénation de l’eau, avec une désoxygénation sévère à Bordeaux et critique à Tonnay-Charente, un autre site de mesure de MAGEST. Cette baisse du taux d’oxygène dissous dans l’eau est néfaste pour la biodiversité des estuaires, certaines espèces aquatiques étant particulièrement vulnérables au déficit d’oxygène.