Nina Kessler a soutenu sa thèse, dirigée par Timea Csengeri et Sylvain Bontemps (et co-encadrée par David Cornu de l’Observatoire de Paris), intitulée « Origine et recherche des molécules complexes lors de la formation des étoiles – Approche statistique et IA d’extraction d’information », le mardi 23 septembre au Laboratoire d’astrophysique de Bordeaux.
Sa thèse s’intéresse à l’origine des molécules organiques complexes, briques élémentaires dont certaines sont considérées comme prébiotiques, qui se forment dans les nuages moléculaires, cocons de gaz et de poussière où naissent les étoiles. L’étude spectroscopique des régions de formation stellaire, permise grâce aux radiotélescopes tels qu’ALMA, révèle un milieu extrêmement riche, notamment autour des protoétoiles. Cependant, l’identification des molécules dans ces régions est longue et fastidieuse à cause de la quantité et de la complexité des observations millimétriques, freinant ainsi les nouvelles découvertes.
Pour surmonter cet obstacle, Nina a développé une méthode novatrice qui utilise l’intelligence artificielle. Elle a conçu et entraîné un réseau de neurones artificiels capable d’analyser automatiquement ces spectres complexes pour y détecter et identifier la signature d’une vingtaine de molécules. En appliquant son outil à des observations, notamment celles de la région de formation stellaire CygX-N53, elle a démontré qu’il pouvait grandement faciliter et accélérer l’inventaire chimique autour des étoiles en formation. Son travail ne s’est pas arrêté là, puisqu’elle a également cherché à rendre son modèle d’IA interprétable, afin de comprendre comment il parvient à ses conclusions.
Ce travail a bénéficié d’un financement du Réseau de Recherche Impulsion (RRI) Origins.
Le LAB se réjouit de cette thèse brillante, alliant astrophysique et sciences des données, et félicite chaleureusement Nina pour son titre de docteure !