Plage de Soulac, Gironde (33) © Benjamin Caillaud
Les littoraux du monde entier se font dévorer par l’océan, menaçant les habitants des villes côtières de la planète. La France ne fait pas exception et de nombreux logements, voire des villes, risquent de ne plus être habitables d’ici la fin du siècle.
Le 07 juin 2025, s’est tenu à Nice, le Sommet mondial de la Coalition des Villes et Régions Côtières qui rassemblé 200 représentants de ces localités du monde entier. Cet événement a notamment pointé la vulnérabilité des côtes face à l’érosion du littoral.
Ce phénomène correspond au recul du trait de côte et donc à l’avancée de la mer dans les terres. Ces dernières années, on observe que les littoraux de la planète reculent de plus en plus face aux assauts répétés de la mer et risquent rapidement de venir toquer à la porte d’un million de logements en France d’ici 2028. Les littoraux de Nouvelle‑Aquitaine ne font pas exception, les côtes sableuses, et notamment les dunes, en sont un bon exemple. En effet, le sable se déplace facilement sous l’effet du vent, de la houle et des marées, ce qui provoque des modifications rapides du trait de côte.
L’érosion de ces milieux est un phénomène naturel, mais il est accentué par l’action de l’Homme. Les mouvements de sable peuvent se faire parallèlement à la côte (globalement vers le sud en Nouvelle-Aquitaine) et perpendiculairement (de la côte vers la plage sous-marine). En hiver, les tempêtes emportent le sable du littoral vers des zones peu profondes proches des côtes. Puis, en été, ce sable est ramené vers les plages par des houles de beau temps. Cependant, avec le dérèglement climatique, les tempêtes sont de plus en plus nombreuses, emportant le sable en profondeur dans l’océan, comme par exemple au sein de canyons sous-marins comme à Capbreton. Il y est bloqué et ne peut plus alimenter les dunes en été. L’emblème de ce phénomène érosif extrême est la mise en péril et la destruction en 2023 du « Signal », à Soulac‑sur‑Mer (33). Ces deux immeubles, construits en 1967 et 1970, étaient à l’époque situés à 200 m de la plage avant que celle‑ci ne s’avance jusqu’à leurs pieds et que leurs habitants soient évacués en 2014.
Dans la région Nouvelle-Aquitaine, les zones les plus touchées sont situées en Gironde et dans les Landes. On y enregistre des reculs annuels du trait de côte de respectivement 2,5 m et 1,7 m. Les événements extrêmes aggravent encore plus ce constat, provoquant des reculs spectaculaires. Ce fut le cas par exemple lors de la tempête Xynthia en 2010, où des retraits de la côte de 15m ont été enregistrés à certains endroits en Gironde.
Ainsi, de nombreuses villes côtières sont victimes de ce phénomène qui les rend vulnérables face aux assauts de l’océan. Privées de dunes pour les protéger et voyant la mer se rapprocher, celles-ci risquent de ne plus pouvoir être habitables à moyen ou long terme.
Dès lors, il est important d’étudier et de comprendre ce risque pour mieux l’anticiper. Le Réseau Régionale de Recherche RIVAGES, a donc été créé par des scientifiques régionaux, sous l’impulsion de la région Nouvelle‑Aquitaine. Celui-ci a pour but de faire le lien entre la recherche scientifique, les collectivités locales gestionnaires des littoraux et les citoyens.
Pour suivre les actualités du R3 RIVAGES, rendez‑vous sur leur site Internet ou LinkedIn. Vous pouvez également tester vos connaissances sur le sujet grâce à ce quiz.
Article rédigé par Willis Waweru