Entretien avec Pascal Calvat, responsable du pôle informatique

Juin 6, 2025 | Actualité POREA

Vous êtes-vous déjà demandé à quoi sert un pôle informatique dans une structure de recherche ? Grâce aux réponses de Pascal Calvat, responsable du pôle informatique à l’OASU (Observatoire des Sciences de l’Univers), nous en savons davantage sur la cellule CeDONA, ses activités en lien avec les chercheurs, ainsi que sur le type d’accompagnement proposé pour le développement de projets.

Pouvez-vous vous présenter brièvement ainsi que vos activités à l’OASU ?

Je m’appelle Pascal Calvat et je suis responsable du pôle informatique de l’UAR (Unité d’Appui et de Recherche) POREA (Pluridisciplinarité au service de l’Observation et de la Recherche en Environnement et Astronomie). Je suis également directeur technique de la cellule CeDONA (Centre de données pour l’observation en Nouvelle-Aquitaine). Concernant mes missions, je consacre 50 % de mon temps à la gestion du personnel, et les 50 % restants à la conception et au développement de logiciels. Je supervise deux équipes : celle dédiée aux « données et développement logiciel » et celle en charge du « support aux utilisateurs » et de « l’administration systèmes et réseaux ». Nous travaillons ensemble selon un management participatif, en définissant collectivement les priorités. Cette gestion partagée que je pratique m’aide également à automatiser certains processus via le développement de logiciels de gestion du temps et des actions des agents.

 

Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est la cellule CeDONA ?

La cellule CeDONA a été créée en 2018 afin de structurer les demandes de développement formulées par les chercheurs auprès de POREA. Ces derniers peuvent soumettre leurs demandes au fil de l’eau, sachant que la commission CeDONA se réunit trois fois par an pour les étudier et les valider. Une fois le projet approuvé, nous le décomposons en différents lots correspondant au travail d’un développeur sur une période donnée. À l’issue de chaque lot, POREA produit un bon de livraison qui détaille les fonctionnalités développées ainsi que les tests à réaliser côté demandeur. Cette organisation facilite la gestion des demandes, en permettant une meilleure planification et en protégeant les développeurs d’une surcharge de travail. Pour chaque projet, un chef de projet est désigné au sein du pôle technique. Son rôle est de s’assurer du bon déroulement du projet (organisation et conduite du projet de bout en bout), en comprenant bien l’idée du demandeur avant de déployer une première version fonctionnelle par la suite. Si le chercheur est satisfait, nous poursuivons le développement de la fonctionnalité. En moyenne, nous recevons environ trois nouveaux projets par an, s’ajoutant à ceux en cours depuis plusieurs années. Depuis la création de CeDONA, notre équipe de six développeurs a accompagné une trentaine de projets.

 

Avez-vous une journée ou une semaine type dans votre travail ?

Chaque semaine, j’encadre deux réunions : l’une avec l’ensemble des développeurs, l’autre avec les personnes en charge du support technique, de l’administration systèmes et réseaux. Lors de ces réunions, nous faisons un point sur l’avancement des travaux réalisés la semaine précédente et organisons les tâches à venir. Ce mode de rencontre favorise la communication, permet d’éviter que les informaticiens se retrouvent bloqués ou travaillent dans une mauvaise direction, et encourage l’entraide au sein de l’équipe. Ces échanges sont essentiels pour maintenir une dynamique de travail efficace et collaborative.

 

Quelle est la durée habituelle des projets que vous accompagnez ? Existe-t-il un suivi après leur achèvement ?

La durée varie selon la nature et la complexité de chaque projet : certains peuvent durer quelques semaines, d’autres plusieurs mois, voire plusieurs années. Jusqu’à présent, nous n’avions pas toujours le temps d’assurer un suivi post-projet. Cependant, avec l’outil MATOMO, qui permet de comptabiliser le nombre de clics sur un site internet, ou de mesurer l’audience du site web par exemple, nous pouvons désormais obtenir une meilleure idée de la visibilité et de l’utilisation de certains projets en ligne. Cela nous aide à évaluer si l’ergonomie d’un site est adaptée, facilitant ainsi la navigation pour les utilisateurs. En parallèle, une continuité de service s’effectue afin de s’assurer de la disponibilité des sites en ligne. Ce suivi implique également un travail régulier de mise à jour des langages informatiques utilisés, afin d’assurer la sécurité et la pérennité des outils développés : on peut parler de jouvence technologique.

 

Constatez-vous que le réchauffement climatique a influencé l’évolution des projets proposés chaque année ?

Nous travaillons effectivement sur des projets directement liés à cette thématique, comme celui qui consiste à créer une carte interactive du futur climat en France, représentant par exemple la température ou la pluviométrie dans dix ans, à destination du grand public. Donc, oui, le réchauffement climatique stimule le développement de certains projets. Toutefois, ils ne représentent qu’une minorité, environ moins de 10 % des demandes actuelles. On observe également l’émergence de projets axés sur l’écologie, notamment ceux proposant des solutions pour lutter contre le réchauffement climatique. À titre d’exemple, l’unité EABX a mis au point une méthodologie permettant d’effectuer un état des lieux de l’usage du plastique d’un laboratoire. Puis sur cette base, d’évaluer la faisabilité du remplacement de ce plastique par d’autres pratiques ou matériaux permettant d’atténuer cette empreinte. Un site web proposant cette méthodologie aux laboratoires de recherche sera développé courant 2025 en collaboration avec le CEDONA.