© Aurore Perinet
Arrivée mi-octobre 2025 à l’Observatoire Aquitain des Sciences de l’Univers (OASU), Aurore Perinet jongle depuis entre son entreprise de vente de brownies et la gestion financière des réseaux de recherche régionaux (R3). Ainsi, elle nous présente son parcours atypique, ses motivations, ses premières impressions dans l’équipe et comment elle concilie ses différentes activités.
Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre parcours ?
Je m’appelle Aurore Perinet, j’ai 28 ans et je suis originaire de Nouvelle-Calédonie. Je suis arrivée à Bordeaux il y a 9 ans pour effectuer un master en commerce, spécialité finance d’entreprise, dans une école de commerce bordelaise. À la fin de mes études, j’ai intégré une entreprise privée dans le domaine du ferroviaire. J’y ai travaillé durant 5 ans au total. D’abord à la direction commerciale puis la dernière année en tant que RAF (responsable administrative et financière).
À la fin de cet emploi il y a deux ans, j’ai décidé de travailler à mon compte et de me lancer en tant que free-lance. Ainsi, j’exerce depuis deux métiers qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre : rédactrice web et pâtissière. Dans les faits, j’ai même commencé cette activité de rédaction web bien avant, durant mes études, il y a 10 ans maintenant. En effet, à l’époque, je cherchais un emploi pour gagner un peu d’argent et j’ai eu cette opportunité. Je ne me pose pas trop de limites concernant les sujets sur lesquels j’écris. C’est assez varié, ce qui m’a permis d’apprendre énormément de choses. Cela peut aller du jardin en permaculture à la ponte des tortues. Quand j’accepte une mission, les commanditaires me donnent un sujet et le format attendu et moi je fais ensuite des recherches pour rédiger l’article. C’est pourquoi j’évite quand même de m’engager sur des domaines extrêmement spécialisés. Concernant mon activité de pâtisserie, j’ai monté en 2023 une entreprise de vente en ligne de brownies artisanaux : « Brownie Crush ». J’ai un laboratoire à taille humaine à Bègles et j’ai une employée à mi-temps pour m’accompagner dans la préparation de ces gâteaux.
Enfin, depuis le 15 octobre 2025, j’ai également repris une activité salariée en parallèle en intégrant l’Unité d’Appui et de Recherche « Pluridisciplinarité au service de l’Observation et de la Recherche en Environnement et Astronomie » (UAR POREA) comme gestionnaire financière.
Pourquoi avoir souhaité devenir entrepreneure ?
Durant l’année où j’étais RAF, j’ai commencé à réfléchir à la possibilité de faire de la pâtisserie. C’est une envie que j’ai depuis longtemps, ma mère m’ayant transmis dès mon plus jeune âge cet amour pour le sucré. Je voulais même faire des études de boulangerie ou pâtisserie après mon bac mais cela ne s’est pas concrétisé. J’avais donc ce désir refoulé en moi depuis des années. A la fin de mon contrat en 2023, j’avais du temps libre et j’ai donc senti que c’était le moment d’essayer de réaliser ce rêve.
J’ai hésité à passer un CAP pâtisserie, mais étant assez impatiente, dès que ma décision a été prise, j’avais envie de me lancer au plus vite. Il n’y a pas besoin de diplôme pour vendre des brownies ou des cookies, je pouvais donc ouvrir de suite mon entreprise. J’ai décidé de me concentrer sur la vente de brownies car je me suis dit qu’il serait plus facile de me démarquer avec ce type de gâteaux car il y avait déjà beaucoup de boutique de cookies. Cependant, je ne me ferme pas la possibilité de reprendre des études plus tard et donc de passer le CAP pour élargir mon offre.
Ouvrir une entreprise est un défi. Il faut gérer l’administratif et les stocks, se faire connaitre via les réseaux sociaux, avoir un site internet, démarcher d’autres professionnels et bien d’autres tâches encore. On est obligé de toucher un peu à tout, c’est donc très polyvalent et formateur. Mais j’ai la chance d’être bien accompagnée. En effet, mon conjoint est lui aussi entrepreneur et j’ai donc pu bénéficier de son expérience et de ses conseils pour toutes les démarches administratives.
Au final, je suis très satisfaite de cette activité et je n’envisage pas du tout à l’heure actuelle de redevenir RAF.
Pourquoi avoir choisi de travailler à POREA en plus de vos activités et quelles sont vos missions ?
J’ai commencé à postuler à des offres d’emploi pour retrouver un cadre stable. En effet, en ayant mon entreprise, je ne comptais plus mes heures et j’avais peur de me perdre. J’espérais ainsi, en ayant un travail « classique » de bureau, mieux me structurer au quotidien mais également retrouver un aspect social en ayant des collègues et pas uniquement des clients car ce n’est pas la même relation entre les deux. J’ai donc commencé à chercher un poste administratif où je pourrais travailler avec les chiffres. Ayant un master en finance d’entreprise, c’est quelque chose que j’aime et où je me sens à l’aise.
Je n’avais pas de préférence entre le privé et le public, j’ai postulé dans les deux secteurs jusqu’à tomber sur cette offre à l’OASU de gestionnaire financière sur laquelle j’ai été retenue. Ayant travaillé jusque-là uniquement dans le privé, je découvre totalement le secteur public et le domaine de la recherche en particulier. Tout est nouveau pour moi : les procédures, les démarches administratives, les projets ! Mais étant curieuse et assez polyvalente, j’y suis allée sans a priori et c’est un beau challenge qui me permet d’acquérir une expérience intéressante qui sort du lot dans ma carrière.
J’ai donc été embauchée mi-octobre 2025 pour un CDD de 10 mois comme gestionnaire financière à POREA. Je travaille plus particulièrement sur les deux réseaux de recherche régionaux (R3) portés à l’OASU : le R3 « Rivages » – dédié à la dynamique physique et aux enjeux sociétaux, en particulier, des littoraux aquitains face aux perturbations naturelles et anthropiques – et le R3 « Futurs-ACT », qui vise à promouvoir la recherche sur l’adaptation aux changements climatiques en Nouvelle-Aquitaine. Mon poste comprend 3 missions principales. Tout d’abord la gestion des dépenses. Il s’agit de la comptabilité pure et dure comprenant le traitement des opérations, le suivi des projets, vérifier la cohérence des données comptables. Je m’occupe aussi de la gestion des missions dans le cadre des R3. Mon rôle est de répondre aux demandes des chargés de projets et de suivre les crédits. Enfin, le dernier volet consiste à suivre tout ce qui est lié aux conventions de stages. Je réceptionne et traite les pièces justificatives, et surtout je m’occupe du versement des gratifications.
Au final, cette opportunité est bien tombée car cela me permet de voir comment j’arrive à jongler entre mes entreprises et une activité salariée avant de me décider de si je continue sur ce modèle ou non à l’avenir.
Quelles sont vos premières impressions ?
Mes premières impressions sont très bonnes. Je suis arrivée en période de vacances scolaire donc les débuts ont été assez calmes même si j’ai eu dès le lendemain de mon arrivée une formation assez intense sur les outils de gestions. Je n’ai pas pu rencontrer de suite tous les collègues de l’UAR POREA en raison des congés, mais l’occasion s’est rapidement présentée grâce aux différentes réunions et AG qui ont eu lieu dans les semaines suivant ma prise de poste. J’ai par contre très rapidement rencontré les chargés de projet des R3 car c’est principalement avec eux que je travaille et que je suis en relation au quotidien. J’ai pu ainsi connaître leurs attentes concernant les évènements qu’ils organisent et sur lesquels je les accompagne. L’équipe est bienveillante et ouverte, ce qui est agréable.
Enfin, j’ai été très bien accueillie et accompagnée par Lenka Grafnetterova et Lise Ho. Ce sont deux personnes ressources pour moi qui ont toujours pris le temps de me présenter les différentes procédures et de répondre à mes questions, et ainsi faciliter ma prise de poste ainsi que mon intégration dans l’équipe.