D’un déchet à une ressource : comment sont valorisées nos poubelles dans la métropole bordelaise ?

Fév 10, 2026 | Actualités

Unité de valorisation énergétique ©Hervé Gillet

Dans le cadre des journées de réduction des déchets, l’Institut des transitions de l’université de Bordeaux a organisé mi-novembre une série d’animations pour sensibiliser les étudiants et le personnel à cette thématique. Dans ce cadre-là, une visite du centre de tri de Bègles a été proposée. Hervé Gillet, membre du comité développement durable du laboratoire EPOC, y a participé.

 

Depuis le 1er janvier 2023, les consignes de tri ont évolué dans la métropole bordelaise et les habitants peuvent désormais mettre tous les emballages plastiques – barquettes, pots de yaourt, bouteilles et flacons – dans leurs poubelles de recyclage. Mais pourquoi ces consignes ont-elles changé ? Que deviennent nos déchets une fois jetés ? Comment sont-ils valorisés ? Autant de questions abordées par l’Institut des transitions au cours des journées de réduction des déchets organisées du 17 au 20 novembre 2025. Ainsi de nombreuses animations ont été proposées sur les campus à destination des étudiants et personnels de l’université de Bordeaux. Hervé Gillet, membre du comité développement durable du laboratoire EPOC, nous raconte ce qu’il a découvert lors de la visite du centre de tri à Bègles organisée à cette occasion.

Le programme est chargé pour cette matinée avec la visite de deux sites : le centre de tri et l’unité de valorisation énergétique de Bègles. Ces structures, administrées par Veolia ont pour objectif de traiter et valoriser les déchets ménagers produits sur la métropole bordelaise.

Commençons tout d’abord avec le centre de tri où sont envoyées les poubelles jaunes et vertes. Les emballages et papiers collectés vont être déposés sur un grand tapis roulant où ils vont être soumis à une mécanique bien huilée pour les traiter. Ils vont tout d’abord être triés selon leur densité puis 14 machines de tri optique vont prendre le relais pour les séparer par grandes familles de matériaux. En parallèle, les métaux sont aussi isolés grâce à des aimants (pour le fer) et des machines à courant de Foucault (pour l’aluminium). L’intelligence artificielle est également mise à contribution grâce à 3 robots SamurAI® chargés de contrôler et trier des plastiques particuliers. La dernière étape se fait à la main, dans des cabines, où les agents vont s’assurer de la qualité de tout ce processus.

 

Parcours du tri des déchets au centre de tri de Bègles ©Bordeaux Métropole Valorisation

 

En tout, ce sont une dizaine de matières (plastiques, cartons, métal, etc.) qui sont triées pour être regroupées par catégories, puis pressées et compactées en balles de 1m3. Elles seront revendues pour fabriquer de nouveaux objets ou emballages.

Au final, même si tout ne peut pas être recyclé, ce dispositif est efficace puisque 75% des déchets qui arrivent au centre de tri de Bègles sont valorisés et les 25% restants sont utilisés pour chauffer des logements de la métropole. La valorisation des métaux (ferreux et aluminium) notamment, permet de rendre ce circuit rentable économiquement.

Attention cependant, il est important de rappeler qu’il ne faut pas jeter de sacs dans les poubelles de tri. Les agents ne sont pas autorisés à les ouvrir pour des raisons de sécurité et ces déchets ne pourront donc pas être recyclés. Ils seront envoyés à l’unité de valorisation énergétique, ce qui nous amène à la deuxième partie de la visite.

Filières de recyclage des balles de matériaux ©Bordeaux Métropole Valorisation

C’est donc dans ces structures que partent les poubelles noires de la métropole bordelaise. Ici pas de tri, les déchets sont directement envoyés dans 3 grands fours (d’une température de 1000 degrés) pour être incinérés. La combustion est auto-entretenue grâce à de l’air chaud injecté sous la grille et ce sont près de 11 tonnes de déchets par heure qui peuvent être prises en charge par l’unité de valorisation.

Cette incinération va produire différents éléments qui vont avoir des destins bien différents mais tout aussi utiles. Nous avons tout d’abord les cendres restant après la combustion, aussi appelées mâchefers, qui vont être utilisées dans les sous-couches routières. La vapeur produite va quant à elle servir soit à chauffer les logements et bureaux du quartier d’Euratlantique à Bègles, soit à produire de l’électricité permettant de couvrir les besoins énergétiques d’environ 70 000 habitants de la métropole.

Enfin, les fumées dégagées par l’unité de valorisation sont lavées par 6 systèmes différents permettant ainsi de ne rejeter dans l’air que de la vapeur d’eau ne contenant rien de toxique pour l’environnement (ce point crucial est contrôlé par des organismes indépendants).

Au final, tout le système est réfléchi et conçu pour assurer la meilleure valorisation de nos déchets en limitant au maximum l’impact environnemental, avec un succès certain pour ces unités de Bègles. Cependant, malgré tout cela, il ne faut pas que nous oubliions que le meilleur déchet reste celui que l’on ne produit pas !

 

Visite du centre de tri et de l’unité de valorisation énergétique ©Hervé Gillet