Des drones utilisés pour aider à révéler les secrets géologiques de l’île de Ré

Mar 4, 2026 | Actualité POREA

Sur l’île de Ré, l’estran de Loix a livré de nombreux fossiles d’ammonites découverts à marées basses. Pour arriver à les placer sur une échelle stratigraphique à partir de leur répartition spatiale, une mission de photogrammétrie par drone a été menée en février 2026 par la CEDROASU et Laurent Londeix (EPOC).

Sur l’île de Ré, l’estran au nord et nord-est de Loix est particulièrement connu pour ses fossiles d’ammonites de l’Oxfordien supérieur (154 à -146 millions d’années), ce qui a justifié de l’inscrire au patrimoine géologique de Nouvelle-Aquitaine. Les spécimens récoltés dans les bancs rocheux, qui affleurent à marée basse, laissent envisager que deux biozones distinctes sont présentes, mais ceci reste à démontrer.

Laurent Londeix, enseignant-chercheur à EPOC, a l’habitude d’arpenter cette côte dont il connaît les moindres recoins. Pour en savoir plus sur cette question et placer les ammonites trouvées sur une échelle stratigraphique, il a besoin d’avoir la géométrie et l’extension spatiale des bancs de ce site. En effet, le fait de relier chaque fossile à son banc d’origine permettra de mieux connaître la répartition de ces spécimens dans les strates sédimentaires et donc d’affiner la datation à l’échelle régionale et en Europe de l’Ouest. Il a donc fait appel à Franck Delalée et Sylvia Lopez, de la Cellule Drones OASU (CEDROASU).

Franck Delalée (CEDROASU-POREA) en train de piloter un drone

Le rendez-vous est pris le vendredi 20 février 2026, tôt le matin, pour réaliser une photogrammétrie de l’estran de Loix.Pour cela, une série de prises d’images a été effectuée par drone pour reconstituer une copie numérique en 3 dimensions de cette zone géographique.

Les données sont actuellement en cours de traitement et les premiers résultats sont très positifs : les bacs, les coupes et les différences d’altitudes sont extrêmement bien visibles !

Modèle 3D de la plage de Loix

Vue des structures circulaires de Loix prise par drone

Ce site possède aussi des formations circulaires énigmatiques, avec une structure en oignon, qui ne présentent pas de problématique scientifique mais suscitent tout de même la curiosité.

Les informations récoltées durant cette mission devraient permettre à Laurent Londeix de mieux comprendre ce phénomène.

Enfin, l’île de Ré est elle aussi confrontée au phénomène d’érosion avec certaines falaises qui se délitent. Les prises de vues réalisées au cours de cette journée permettent d’avoir un état des lieux de l’estran à un moment donné. Elles pourront être utilisées par les collectivités territoriales pour suivre l’évolution de ce phénomène.

Toutes ces nouvelles données devraient également permettre de mieux comprendre l’histoire tectonique de l’île de Ré, dont la complexité semble sous-estimée, et pour laquelle la géologie de terrain seule ne suffit pas.

Si vous souhaitez faire appel à la CEDROASU, vous pouvez contacter Franck Delalée par mail (franck.delalee@u-bordeaux.fr).